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L’Alimentarium invite le public à s’interroger sur les véritables conséquences d’un repas.
Pollution de l’eau, dégradation des sols, perte de biodiversité, effets sur la santé ou précarité de l'emploi, le musée veveysan lève le voile sur les coûts cachés de notre système alimentaire mondialisé. Le parcours retrace les différentes étapes de la chaîne de production, des semences à la préparation des repas, en passant par l’agriculture, le stockage et le commerce.
L’Alimentarium souhaite encourager le public à réfléchir à l’impact de ses habitudes alimentaires sur la planète et la santé publique. «La majorité des maladies non transmissibles, telles que le diabète ou l'obésité, sont liées à une alimentation déséquilibrée incluant un excès de produits ultra-transformés trop riches en gras, en sel et en sucre», souligne Boris Wastiau, directeur du musée, en rappelant que les aliments industriels consommés modérément présentent des intérêts gustatifs ou pratiques.
Autre impact invisible de l'agroalimentaire : depuis le néolithique, il y a plus de 12'000 ans, la diversité alimentaire s’est érodée. «La recherche d'un rendement maximal a appauvri les espèces de plantes consommées». Selon le co-commissaire de l'exposition, les agriculteurs se sont concentrés depuis le siècle dernier sur trois céréales productives, le blé, le riz et le maïs pour assurer la sécurité alimentaire. «Les semences hybrides, avec un haut tonnage à l'hectare, ont fini de marginaliser des variétés traditionnelles plus adaptées au sol, au climat et aux gastronomies locales.»
Dans ce système d'approvisionnement complexe, les externalités positives et négatives sont les deux faces d’une même pièce. «Bien que la technologie comme l'IA ou les drones entraîne une perte de savoir-faire ancestraux, cette dernière crée de nouveaux emplois et permet de limiter le gaspillage des aliments», nuance Boris Wastiau. Cet essor inexorable de la technique ; du bâton cuiseur à la charrue, en passant par la traction à vapeur, possède des motivations communes : «De tout temps les humains ont cherché à diminuer la difficulté du travail et à augmenter le rendement.»
Les conditions sociales et salariales du plus d'un milliard de personnes employées dans l'agriculture sont également influencées par la chaîne de valeur internationale. «Si on devait rémunérer équitablement tous les producteurs, le prix sur les étals exploserait. Il y a de nombreuses personnes qui souffrent de ne pas être rémunérées dignement de leur travail.» En Suisse, les prix trop faibles des produits étrangers créent une potentielle concurrence déloyale avec la production indigène et mettent en péril des emplois locaux.
Cette exposition s’inscrit dans un nouveau parcours de visite proposé depuis 2025 par l’Alimentarium de Vevey. Le musée mène une refonte complète de son exposition permanente nommée "Systema Alimentarium".

Antoni Da Campo










































