- Pierre Antille, Cédric Zuchuat et Stéphane Gaudin ne sont plus qu'à quelques heures de la "cerise sur le gâteau" de leur aventure. (© DR)
Sur la Patrouille des Glaciers, Pierre Antille, Cédric Zuchuat et Stéphane Gaudin s’apprêtent à relever bien plus qu’un défi sportif. Les membres du Ski Club Massongex ont déjà vécu une aventure humaine indescriptible, tissée au fil de mois d’entraînement et appelée à culminer dès vendredi soir.
Quatre mois durant, ils se sont retrouvés deux fois par semaine, les mercredis et samedis, pour préparer ensemble un rendez-vous hors norme. Celui de la Patrouille des Glaciers, sur le grand parcours qui plus est. Soit 57.5 kilomètres, agrémentés de plus de 4'300 mètres de dénivelé positif. Un projet un peu fou, guidé par un credo simple : « Nous avons orienté l’entraînement vers le plaisir. » « Nous », ce sont trois membres du Ski Club Massongex. Pierre Antille, le plus expérimenté du trio avec déjà six départs depuis Zermatt à son actif, Stéphane Gaudin, quatre participations sur la « petite », et enfin Cédric Zuchuat, qui s’est lancé dans l’aventure pour ses 50 ans.
Au fil des semaines, cette préparation entre amis a dépassé le simple cadre sportif pour devenir une véritable expérience collective. Les trois hommes ont construit bien plus qu’une condition physique : une cohésion forte. « Ça nous a permis de nous découvrir différemment, par exemple lors des moments de faiblesse », confie Cédric Zuchuat. Un stage de trois jours à Arolla a notamment marqué les esprits, renforçant encore des liens déjà bien présents. Bien sûr, à quelques heures de s’élancer sur le mythe de la PdG, vendredi à 22h00, l’appréhension règne. Même pour Pierre Antille. « Les paramètres sont assez nombreux pour que tout se passe bien. Matériel, physique, météo… C’est toujours une loterie », témoigne-t-il.
Le doux souvenir des cloches
Sans la présence de Pierre, ni Stéphane ni Cédric n’auraient songé à relier Zermatt à Verbier sur deux skis. Mais si les inconnues sont grandes, le trio piaffe d’impatience. Car malgré la difficulté de l’épreuve, celle-ci sera l’aboutissement de semaines et de mois simplement extraordinaires. « La date du 17 avril a été cochée en septembre. Donc nous sommes impatients de nous élancer, pas inquiets. Et après, on verra bien », sourit Cédric Zuchuat. Ce qu’il y aura à voir, ce sont des paysages majestueux, des membres de la famille présents pour les ravitailler ou les encourager, entendre le son des cloches sur la Rosablanche… « Particulier, impressionnant », résument Pierre Antille et Stéphane Gaudin.
L’équipe numéro 2030 du Ski Club Massongex ne visera pas la victoire. Mais là ne sera évidemment pas l’essentiel. Leur principal objectif ? Rejoindre Verbier ensemble. Car au-delà de la performance, c’est bien cette dimension humaine qui donne tout son sens à leur défi. « C’est ça le plus important. La course, c’est la cerise sur le gâteau », affirme Stéphane Gaudin. Dans la nuit de vendredi à samedi, les trois cinquantenaires auront l’occasion de prolonger une histoire déjà riche, embellie encore dans la neige, pas à pas.
L'interview
Thierry Nicolet









































