- Concentré de technologies, le petit ordinateur de bord tient dans un cube large de 10 cm. Crédit : PAVE Space
C'est une prouesse historique pour la région : l’entreprise PAVE Space, implantée à Villeneuve et à Chavalon, a atteint le 1er octobre pour la première fois l’orbite terrestre basse.
Sa mission d’essai, baptisée "GRAZE", a décollé de Californie à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. Positionné à 500 km de la Terre, l’ordinateur de bord compact, imbriqué à un satellite, a passé avec succès les tests de communication, premiers d’une longue série. D’ici 2029, le système électronique permettra de piloter les futurs remorqueurs de satellites et véhicules spatiaux de PAVE Space.
Le satellite hébergeant GRAZE se séparant du second étage de la fusée Falcon 9. Crédit : SpaceX
Innover à en perdre haleine
Avec ce lancement, l’entreprise a franchi une étape cruciale : «Cette démonstration technique nous mènera prochainement à reprogrammer le module, en prévision d'une panne majeure, puis à naviguer correctement», se réjouit la directrice de PAVE Space Julie Böhning. La co-fondatrice n'a pas le temps de souffler, tant les prochaines échéances s'enchaînent rapidement pour les 65 collaborateurs que compte la startup.
«Notre cœur de métier est d'accélérer et de simplifier la fabrication du matériel spatial grâce à nos ingénieurs talentueux», confie la Gruérienne. Une stratégie orientée performance et innovation qui semble porter ses fruits : le projet a été conçu, assemblé et testé en seulement trois mois en interne. Tête pensante de "GRAZE", l'ingénieur électronique Taras Pavliv confirme ce délai inédit : «On a drastiquement réduit la concrétisation de la mission, passant de 15 à 9 mois.»
Un agenda chargé jusqu'en 2029
En plus de peaufiner son ordinateur de bord, PAVE Space démarrera d’ici décembre 2026 à Chavalon les essais grandeur nature des puissants moteurs de son futur remorqueur spatial. L’entreprise ambitionne ensuite un premier essai spatial d’une version miniature de ses six propulseurs de 50 newtons en 2028, pour une commercialisation de "Lyoba" en 2029. Pour atteindre ces objectifs, la jeune pousse recrute désormais des polymécaniciens, électriciens et automaticiens pour faire tourner sa chaîne d'essais et de production.
Antoni Da Campo










































